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countryquarterhorse
Description du blog :
La magie, la prestidigitation...son histoire, mes conseils, mais aussi la vie de chaque jour...
Catégorie :
Blog Loisirs
Date de création :
28.04.2008
Dernière mise à jour :
23.01.2009

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Arturo de Ascanio disait....

Publié le 16/01/2009 à 12:00 par countryquarterhorse
Arturo de Ascanio disait....
Arturo de Ascanio disait : "Un magicien doit savoir de qui il a hérité son art".

Voilà donc un bref regard sur le passé si vaste du monde magique et de ses acteurs. Vous découvrirez ou redécouvrirez des moments arrachés à l'oubli menaçant, auxquels les magiciens ne s'intéressent malheureusement que très peu.

Puisqu'il faut un début à toute histoire, nous commençons notre voyage avec la photographie d’un bison, détail d’une paroi de la grotte de Lascaux datant de 17 000 ans.

Les raisons qui ont poussé les hominidés à s’adonner à l’art pariétal restent aujourd’hui encore obscures et soumises à controverses.

Reconnaître l'authenticité des peintures découvertes sur les parois des grottes n'est pas allé de soi. Trop d'à priori négatifs venaient parasiter la réalité des dessins et gravures découverts. Le découvreur d'Altamira, en Espagne, fut traité de faussaire.

Lorsqu'en 1879 l'archéologue amateur espagnol Sautuola découvre la grotte d'Altamira dans la province de Santender en Espagne avec ses bisons peints au plafond, peu sont ceux qui admettent alors l'authenticité de ce que cette grotte renferme.

Il faudra attendre 20 ans et la découverte en Périgord de la grotte de la Mouthe, de celle des Combarelles, pour que soit confirmée l'existence d'un art préhistorique. Altamira est alors considérée comme le plus important sanctuaire de la peinture préhistorique, jusqu'à la découverte de la grotte de Lascaux en 1940. Ces découvertes ont amenées scientifiques à reconnaître que depuis plus de 30 000 ans, l'homme crée des images et évolue dans un univers de symboles.

Plus de 200 grottes paléolithiques sont ornées de gravures, de peintures ou de sculptures. La majorité se trouve dans le sud-ouest de la France et le nord de l'Espagne.
De nouvelles découvertes en Ardèche, grotte Chauvet, grotte Cosquer éclairent sous un jour nouveau l'art paléolithique...

En 1902, Emile Cartailhac reconnaissait enfin l'authenticité des peintures découvertes dans la grotte d'Altamira et l'existence d'un art préhistorique très ancien. Mais l'interprétation de ces symboles n'a pas véritablement progressé. Aujourd'hui, beaucoup de chercheurs se montrent sceptiques sur la possibilité d'aller au-delà de la collecte des faits pour accéder à une véritable compréhension de la signification de l'art au sein des sociétés préhistoriques occidentales.

Les différentes théories élaborées par les chercheurs il y quelques dizaines d’années sont aujourd’hui abandonnées. Des méthodes d’analyses physico-chimiques sans effet destructeur pour les peintures, ont été mise en oeuvre depuis 1990. Elles permettent une étude objective des pigments pariétaux. Dans le domaine de la chronologie le progrès est essentiel, l’introduction de la datation au radiocarbone a permis de préciser les choses. Il peut y avoir dans une même grotte des ensembles appartenant à des périodes différentes, qui prouvent une utilisation continue sur plusieurs générations.

La théorie de Leroi-Gourhan sur l’évolution des styles (les peintures dont les styles sont les plus élaborés, sont les plus récentes) n’a plus cours. Les peintures de la grotte Chauvet, d’une parfaite maîtrise, sont les plus anciennes actuellement répertoriées. L’interprétation de ces sanctuaires préhistoriques, s’inspire largement d’exemples ethnographiques.

L’idée de peintures réalisées par des Chamanes en état de transe est avancée par des spécialistes de la question. L’utilisation de l’oxyde de manganèse (*) comme pigment noir et la technique du crachis, mise en bouche du pigment, et projection sur la paroi, vient renforcer cette théorie. Les propriétés toxiques de l’oxyde de manganèse, ont été reconnues, mélangé à du charbon de bois il peut avoir les propriétés d’une drogue, favorisant l’état de transe. Certains auteurs, dont J.D. Lewis-William, expliquent que les peintures pariétales préhistoriques représenteraient les visions du chamane en état de transe.
Cette théorie se fonde sur l’étude des représentations mentales de drogués (mescaline ou LSD). Les chamanes obtiennent des résultats comparables soit par la prise de substances hallucinogènes soit par le rythme d’une danse rituelle".

* L’oxyde de manganèse (IV) MnO2 est un composé chimique aussi connu comme dioxyde de manganèse. Il est de couleur noire ou brun. On le trouve naturellement dans la pyrolusite qui est la principale source de manganèse métallique. Il est également présent dans les nodules de manganèse. Les principales applications du MnO2 sont les piles sèches comme les piles alcalines et les piles Zn-Cd. En 1976, cette application correspondait à une consommation d’un demi-million de tonnes annuelles de pyrolusite. Il est aussi utilisé dans la production de permanganates comme KMnO4. Il est largement utilisé comme oxydant en chimie organique, par exemple, pour l’oxydation des alcools allyliques
Une substance grise, le manganate de potassium, est obtenue après une fusion de 10 minutes de l’oxyde de manganèse avec un sel alcalin et ajoutant des agents oxydants comme le salpêtre (nitrate de potassium : KNO3) ou du perchlorate de potassium (KClO4). Le manganate de potassium peut être purifié par distillation sous vide pour donner des cristaux vert foncé ( prismes orthorhombiques) Le manganate de potassium n’est soluble que dans les alcalis ; dans les conditions non-alcalines il se dismute en permanganate de potassium et en oxyde de manganèse(IV) (MnO2).
Le manganate de potassium est converti en permanganate de potassium en solution aqueuse acide :
3MnO42- + 4H+ -> 2MnO4- + MnO2(s) + 2H2O
MnO4-a une couleur pourpre.
MnO42- a une couleur verte.
MnO2 est utilisé comme catalyseur au laboratoire pour la préparation de l’oxygène à partir de chlorate de potassium ; c’est une des expériences classiques dans l’enseignement de base de la chimie. Le dioxyde de manganèse catalyse aussi la décomposition du peroxyde d’hydrogène.
2 H2O2(aq) -> O2(g) + 2 H2O(l).

Chamanisme

Publié le 16/01/2009 à 12:00 par countryquarterhorse
Chamanisme
C’est Christian Chelman (voir ci-après) qui m’a donné envie de m’intéresser au chamanisme. Son originalité tient à cela. Tout en étant un magicien moderne, il a récupéré la fonction ancestrale du chaman et parvient à réveiller les émotions enfouies en nous. Ainsi, il pratique un art qui dérange notre inconscient.

Autrefois, le chaman était le sorcier de certains peuples nomades chasseurs-cueilleurs. Il utilisait probablement des techniques rudimentaires de prestidigitation pour donner l’impression qu’il était doté de pouvoirs. Ceux-ci étaient d’ordre spirituel. Mille ans avant la venue du christianisme, le chamanisme a été une étape entre l’animisme des premiers hommes et la fondation des principales religions de l’humanité.

La terre d’élection du chamanisme est l’Asie centrale et septentrionale ainsi que la Sibérie, mais on retrouve des pratiques chamaniques aux quatre coins du monde. Parmi les plus connues, celles des druides en Europe de l’ouest, des « medecine men » d’Amérique du nord, des sages aborigènes d’Australie, des prêtres vaudous d’Afrique. Chaque continent a vu surgir une infinité de pratiques spécifiques correspondant à sa culture, son climat, son mode de vie différents.

Le chaman était le garant d’une sorte de savoir au service de ces hommes, caractérisés par le culte de la nature et la croyance aux esprits. Avant de parvenir à cette fonction, il fallait parcourir un long et douloureux périple initiatique. Le choix du jeune novice était héréditaire, ou parfois, l’enfant « futur chaman » était repéré et choisi dans la communauté s’il détenait des qualités hors du commun. Il allait alors apprendre la mythologie de la tribu. Lorsque le soleil se couchait, la communauté tribale se retrouvait autour du feu, et il racontait les grands mythes de la tribu.

Il apprenait aussi les oracles, les chants, les formules incantatoires pour entrer en contact avec les esprits. On lui enseignait comment soigner ses semblables, accompagner les défunts, déterminer quand la chasse devait avoir lieu et la période propice pour affronter l’ennemi. Partout, on retrouve des points communs, notamment dans les rituels. Le costume porté lors des séances est chargé de symboles. Le masque est assimilé à une représentation des ancêtres. La canne (baguette magique ?) permet d’être relié au cosmos. Le tambour est l’instrument le plus important. Christian Chelman l’utilise dans ses spectacles. Cet instrument et la danse permettent d’atteindre un état modifié de conscience. Les plantes hallucinogènes sont parfois utilisées pour la même raison.

Ces rituels ont été perpétués oralement pendant des millénaires jusqu’à nos jours. Face au monde moderne, le chamanisme dans sa conception originelle semble avoir peu de chance de se maintenir. Les peuples qui le pratiquent sont peu représentatifs. Leurs territoires sont de plus en plus convoités par l’économie mondiale.

En 1997, en Savoie, s’est déroulé un rassemblement sans précédent. Les représentants des grandes religions, chrétiens, musulmans, juifs et bouddhistes ont accueillis ceux des plus anciennes traditions. Le thème était : quel rôle, les traditions anciennes comme le chamanisme peuvent-elles jouer dans le monde moderne ? Là comme ailleurs, nous pouvons beaucoup apprendre des anciens. Devant sept milles personnes, l’occasion fut donnée aux chamans de tous les pays de délivrer leur message sur l’évolution du monde. Ces journées sont retracées dans le livre de Van Eersel Patrice et Grosrey Alain, Le cercle des anciens, Ed. Albin Michel, 1998. Ce livre permet d’avoir une vision actuelle et réelle du chamanisme. Quelque part dans ce livre j’ai beaucoup apprécié cette intervention du Dalaï Lama : « Lorsque nous parlons de l’humanité, nous devons œuvrer dans le sens du pluralisme. Lorsque nous passons à l’échelle individuelle, un véritable approfondissement ne peut se faire qu’en choisissant une voie d’éveil spécifique. Pour moi, le bouddhisme est ce qu’il y a de mieux, mais cela ne signifie pas que le bouddhisme soit ce qu’il y a de mieux pour chaque cas particulier et pour le monde entier. Non, le monde a besoin de pluralisme. ». Cette pensée s’applique naturellement à la magie. Les "Marlophiles" sont aussi important que les "Vernonphiles" et inversement (sans parler des MoiJephiles !!!). Ici aussi, le pluralisme est une richesse !

Vous pouvez consulter aussi :
Bernard Saladin d’Anglure. Être et renaître Înuit, homme, femme ou chamane. Les rites de passage depuis la vie fœtale et la naissance jusqu’à l’acquisition d’un premier kayak par l’homme ou jusqu’à la puberté chez la femme. L’équivalence symbolique entre l’utérus, l’iglou et la voûte céleste. Les mythes racontant la genèse, les relations avec les esprits célestes et la naissance du chamanisme chez les Inuits (Esquimaux). Un livre passionnant. Ed. Gallimard. 2006.

Michaël Martin. Magie et magiciens dans le monde gréco-romain. L’auteur explique comme la magie connaît un regain d’intérêt à notre époque moderne où la rationalité triomphe sans partage. Le premier chapitre est consacré à la préhistoire de la magie. Le chapitre suivant montre comment la magie a d’abord pris le visage du chamanisme...Errance - Collection des hespérides. Livre de 292 pages. 2005.

Alexandro Jodorowsky. La danse de la réalité. L’auteur a fréquenté des chamanes et fort de cette expérience incroyable a créé des techniques thérapeutiques : la psychomagie et la psychogénéalogie. Il brosse ici la fresque de sa vie et démontre le capital de transformation et de vie qui se trouve en chacun de nous. Il s’agit d’une autobiographie à l’imagination débridée. Le livre se lit d’une traite et nous fait découvrir cet artiste aux mille facettes, ce psychochamane à la fois poète, romancier, comédien, diseur de bonne aventure, réalisateur de films, scénariste de bandes dessinées comme l’Incal, etc... Ed. Albin

Michel. 2002 pour la traduction française, traduite de l’Espagnol par Alex et Nelly Lhermillier.

Chaumeil Jean-Pierre, Voir, savoir, pouvoir, chamanisme chez les Yaguas, Ed. Georg, 2000.

Baudoin Bernard, Le Chamanisme, Ed. De Vecchi. 1999.

Mc Kenna Terence, La nourriture des dieux, Ed. Georg, 1998.

Shultes R. E. et Hoffman A., Les plantes des Dieux, Ed. du Lézard, 1993.

Vazeilles Daniéle, Les chamanes, maîtres de l’univers, Ed. Cerf, 1991.

Christian Chelman

Publié le 16/01/2009 à 12:00 par countryquarterhorse
Christian Chelman
Christian Chelman est un magicien atypique très fort dans la pratique du Close Up et du Jeu des Gobelets. En 1993, il remporte le Grand prix du congrès MacMillan.

Mais c’est dans le domaine de la Magie Fantastique qu’il a poussé le bouchon très loin. En quelques années il est devenu et est resté le leader du genre. Nous pouvons suivre ce parcours sans faute(s) à travers ses publications, et pour parodier qui vous savez (1), intitulons ceci : Trailing the Chelman to ist Lair.

1983 – MAD MAGIC N° 45 de mai, Spécial Christian Chelman.
1989 – REVUE DE LA PRESTIDIGITATION N° 413. La Magie Fantastique de Christian Chelman.
1991 – REVUE ARCANE N° 62 Spécial Christian Chelman.
1994 – REVUE MAGICUS N° 80. Il était Chelman une fois !
1998 – REVUE MINDON MANIA. Spécial Christian Chelman.

Et - REVUE IMAGIK. De 1993 à 2000.

1993 - Le Roi pécheur (N° 1 d’octobre)
1994 - L’immortel (N° 2 de janvier)
1994 - 8 ball (N° 5 d’octobre)
1995 - Maleficium (N° 6 de janvier)
1995 - Miroir (N° 7 d’avril)
1996 - Le cadeau de Noël (N° 10 de janvier)
1996 - Prophéties (N° 10 de janvier)
1997 - Le chasseur (N° 15 d’avril) Repris en livre sous le titre Rhésus, publié par Librairie-galerie Brüsel en 1999.
1998 - Un conte de fées, un conte pour Fay (N° 19 d’avril)
1998 - Kami-Kaze (N° 21 d’octobre)
2000 - Le paradoxe de Quan-Tri (N° 26 de janvier)

Ajoutons à cela 3 articles :

1994 - Bizarre magie (N° 2 de janvier)
1995 - Art et magie (N° 6 de janvier)
1997 - The IM-Files - 15 mai 1997, Bruxelles (N° 16 de juillet)

Deux incursions dans le jeu :

1995 - Le bargame Poker I (N° 8 de juillet)
1995 - Le bargame Poker II (N° 9 d’octobre)
Et un extrait de son livre Légendes urbaines :
1999 - The Magic Book (N° 25 d’octobre)

Une page de pub pour faire bonne mesure :

2000 - "Psychic instructor" et "Pacte" (N° 28 de juillet)

Et deux vidéos :
1998 - Blitz et Overblitz
2001 - Gobelets et bagout.

1982 - DELIRIUM MAGICUM (déjà !) écrit par Jean Vallet. Effets de close-up.
1983 - CAPRICORNIAN TALES. L&L Publishing (compte-rendu dans Imagik N° 3 d’avril 1994)
1999 - LEGENDES URBAINES. L’Etrange Magie de Christian Chelman. Le but de ce livre qui se lit comme un roman, n’est pas de vous permettre d’ajouter d’autres trucs à votre répertoire. Il va beaucoup plus loin, innove et ouvre de nombreuses portes à votre imagination. Ed. Joker Deluxe, Paris.

2003 – COMPENDIUM SORTILEGIONIS. A vos risques et périls…Ouvrage merveilleux qui reflète la richesse de l’univers chelmanien. S’il en reste, vous ne regretterez pas votre achat. Neuf pages sont consacrées aux gobelets. Son approche est très originale sous une allure faussement classique. Matériel : Trois gobelets Paul Fox, trois balles jaunes, une balle rouge, une balle verte, quatre grosses charges (patate, citron jaune, lime vert, tomate rouge), une baguette magique. Il reprend l’arnaque des joueurs de bonneteau au début de sa routine. Ed. Slakine, Genève.

2006 – HAUNTIQUES. Vous découvrirez ici des objets de rêve, rares, antiques, portant des pouvoirs magiques. Un pont entre le monde du rêve et le monde ordinaire. Publié par MPMagic. (Marco Pusterla)

(1) Si vous connaissez qui vous savez, faites-nous le savoir.

REVENONS A L'HISTOIRE...

Publié le 16/01/2009 à 12:00 par countryquarterhorse
REVENONS A L'HISTOIRE...
Quoi qu'il en soit de ces tentatives d'explication de la signification de cet art, qui risquent de rester des hypothèses plus ou moins séduisantes, elles ont eu ou ont le mérite de par les éclairages divers qu'elles suscitent, de faire avancer la recherche concernant les modes de pensée et de vie des peuples des temps glaciaires.

On ne peut nier que le choix de la grotte, qui n'a sans doute pas été dû intégralement au hasard, a beaucoup joué dans la réalisation des oeuvres réalisées. Il semble, que par sa configuration, ses reliefs, elle ait "imposé" un style. La difficile progression à l'intérieur de ce monde souterrain, (aux Combarelles on pense que la progression à l'intérieur de la grotte et la réalisation des gravures s'est faite en rampant, ce n'est d'ailleurs qu'un exemple parmi d'autres), la découverte des parois à la lumière des lampes à huile qui ont fait naître des formes (tant en relief positif qu'en creux), alimenter l'imaginaire et susciter le désir d'exploiter au mieux ces accidents de la paroi en organisant des scènes autour d'elles, la localisation précise des peintures dans certains lieux de la grotte, tout cela est maintenant pris en compte dans les recherches actuelles qui visent à décrypter ces réalisations de nos Ancêtres.

Voici un résumé des différentes idées par les chercheurs :

Publié le 16/01/2009 à 12:00 par countryquarterhorse
L’art pour l’art : Une théorie qui présente l’homme préhistorique comme un esthète (L'esthète est la personne qui est sensible aux caractères du beau dans l'art et la nature. Celui qui a un sens raffiné du "Beau". Péjoratif : l'esthète est celui qui attache plus d'importance à l'aspect formel d'une œuvre). Les images seraient spontanées, sans relation d’intimité, dans le simple but d’une recherche du « beau ».

Le Totémisme : Une pensée selon laquelle l’image servirait de lien entre l’identité d’un groupe et celle de l’espèce animale. Le totémisme est une organisation clanique ou tribale fondée sur le principe du totem.
La conception traditionnelle du totémisme par les anthropologues associe plusieurs éléments :

a) Ancêtre : le totem est une espèce naturelle (un animal ou un végétal, parfois un phénomène naturel), présenté comme un ancêtre mythique ou un parent lointain de son groupe social (en général le clan, parfois la phratrie, la classe d'âge) ; cette espèce symbolique peut être représentée par un "totem", au sens d'objet rituel sculpté, peint, façonné.

b) Éponyme : souvent cet "ancêtre" donne son nom au clan. Les cinq principaux totems des Ojibwé étaient la Grue cendrée, le Poisson-chat, le huard, l'ours et la martre.

c) Homologie ou classification : le totem est une façon d'établir des corrélations entre, d'un côté, les végétaux ou animaux, de l'autre les groupes humains sociaux. Le terme "totem" sert parfois, chez les Ojibwé, à énoncer son appartenance clanique : makwa nindotem, "l'ours est mon clan" ; il s'agit en fait d'une formule abréviative qui recouvre la signification suivante : "Je suis apparenté avec celui qui appartient au clan dont l'éponyme est l'ours, donc j'appartiens à ce clan".

d) Religion : le tabou est sacré, on ne le consomme pas, on le respecte, on le craint, le totem est présenté comme le fondement des institutions, un modèle de comportement, une exigence d'organisation.

e) Parenté, exogamie : le totem organise les alliances et les systèmes de parenté, la plupart du temps, obligation est faite de choisir son conjoint en dehors du clan qui a le même totem ; l'exogamie totémique exige que les épouses soient d’un clan (par ex. l'Ours) et les époux forcément d’un autre (par ex. la Martre).

Cela dit, ces éléments ne font pas bloc, en particulier on peut détacher l'exogamie : il existe des clans totémiques endogames. Le point le plus important est la définition du totem comme apparentement ou amitié entre une espèce naturelle et un groupe humain, en même temps que la définition du totémisme comme organisation sociale du clan (groupe exogame dont les membres se réclament d'un ancêtre commun, en vertu d'un mode de filiation exclusif).

Il faut distinguer le totémisme de la possession d'un esprit tutélaire, phénomène répandu chez les Nord-Amérindiens. Les Arabes étaient des sociétés qui adoptent le totémisme dans certains animaux.

Le Structuralisme : Théorie émise par A. Leroy-Gourhan et selon laquelle derrière le désordre apparent des peintures rupestres se cacherait structure et dualité, à la fois opposée et complémentaire.

Le Chamanisme : Les représentations superposées, par exemple : mi homme, mi antilope, font penser que la grotte serait un lieu particulier servant de passage entre les mondes, une sorte d’interface avec l’au-delà. Les peintures rupestres ne seraient là que pour aider le Chaman à créer cette ambiance « fantastico-mystique ». Il s’agirait alors d’une des premières notions de mise en scène.

Le Pouvoir magique : L’abbé Breuil s’imaginant que les représentations d’animaux ou de scènes de chasses étaient censées aider les hominidés dans leur recherche de nourriture émit l’idée d’une sorte d’appropriation des individus par l’image, à laquelle on conférait un pouvoir surnaturel. Ceci ayant pour but d’exorciser les « démons » et garantir ainsi une chasse fructueuse. Ce serait une des premières notions de lien entre le monde réel et la projection du monde imaginaire.

Abbé Breuil
BREUIL (abbé Henri) Henri, Edouard, Prosper, Breuil voit le jour le 28 février 1877 à Mortain (Manche). La plus grande partie de son enfance se déroule à Clermont de l'Oise où son père, magistrat, est rapidement nommé procureur de la République. Après le primaire le jeune Henri est placé chez les Pères Maristes à Senlis où il restera jusqu'à un baccalauréat obtenu sans panache par un élève solitaire un peu renfermé sur lui même, que ses professeurs comparent à un petit vieux et que ses camarades surnomment « l'Ours ». Réputé de santé fragile H. Breuil renonce pour cette raison aux études scientifiques ou médicales un instant envisagées et décide d'entrer en religion. Au début de l'année scolaire 1895 il est admis au séminaire d'Issy les Moulineaux. Il sera ordonné prêtre le 9 juin 1900 à Saint-Sulpice, mais n'exercera jamais de sacerdoce.

Le séminariste se découvre une passion : la préhistoire
Au séminaire H. Breuil fait deux rencontres déterminantes : J. Bouyssonie, son condisciple, qui partage son intérêt naissant pour ce qui deviendra la préhistoire et l'entraînera en Périgord, surtout l'un de ses professeurs l'abbé Guibert qui dans le cadre de son cours de sciences ne craint pas d'aborder longuement les idées évolutionnistes et l'histoire naissante des premiers hommes, ce qui pour l'époque et encore plus le lieu, est passablement osé. Pendant ses vacances il visite, fait des rencontres. Il effectue ainsi ses premières fouilles à Saint-Acheul en compagnie d'Ault du Mesnil. En Périgord il rencontre entre autres le Docteur Capitan qui l'initie à l'étude des outillages de pierre et Edouard Piette qui détecte très vite ses qualités de dessinateur.

Il approfondit ses connaissances scientifiques...
Dans les années qui suivent sa sortie du séminaire H. Breuil commence ses recherches et poursuit sa formation scientifique en préparant une licence de sciences naturelles qu'il obtiendra en 1904.
L'abbé Breuil commence ensuite une carrière scientifique dont le déroulement semble inexorable. En 1905 il est nommé priva-docent à l'université de Fribourg. L'année1910 le voit chargé de l'enseignement de l'ethnographie préhistorique à l'Institut de Paléontologie Humaine de Paris. En 1929 la première chaire de préhistoire sera créée pour lui au Collège de France. Travailleur infatigable Breuil poursuit ses recherches et parcourt le monde : France, Espagne, Italie, Afrique du Sud, Chine… et construit au fil des ans une œuvre considérable dans laquelle, avec beaucoup de recul, il est possible de distinguer deux directions : l'outillage lithique et l'art préhistorique.
L'étude méthodique de l'outillage lithique et osseux en stratigraphie le conduit dès 1905 à engager « la bataille de l'Aurignacien ». Pour Breuil cette période clé s'intercale entre le Moustérien et le Solutréen, alors que plusieurs de ses opposants de l'époque situent cette période après le Solutréen. Breuil accumule les faits et répond à ses détracteurs avec la vigueur et la rigueur qui lui sont coutumières. En 1912 la communauté scientifique se range à ses côtés.

... et se spécialise dans l'art préhistorique
L'art préhistorique a cependant occupé dans l'esprit de l'abbé une place prépondérante et de plus en plus importante au fil de années. A une époque ou la photographie balbutie encore il assure le relevé et l'étude des principales grottes ornées françaises et espagnoles, ainsi que des abris peints du Levant (Espagne) et d'Afrique. Son ouvrage majeur : « Quatre cent siècles d'art pariétal » paru en 1952 dresse pour la première fois un panorama de l'art pariétal paléolithique et lui confère une autorité mondiale. L'abbé Breuil s'attache avant tout à relever et à décrie minutieusement les œuvres paléolithiques et à en préciser la chronologie. Il propose ainsi une évolution en deux cycles successifs, aurignaco-périgordien et solutréo-magdalénien qui ne passera pas à la postérité. Lorsqu'il est question de sens l'abbé Breuil accepte l'hypothèse de la chasse magique proposée par son ami le comte H. Begouën. Au fil de ses descriptions il introduit un large vocabulaire religieux : cathédrale, sanctuaire, camarin, chapelle Sixtine (Lascaux) …. qui lui paraît naturel et reste d'ailleurs en usage.
L'abbé Breuil s'éteint à l'Isle- Adam le 16 août 1961 à l'âge de 84 ans. Il est à cette époque une autorité mondialement reconnue et incontestée en matière d'art préhistorique.

- Notes de voyage paléolithique en europe centrale II. les industries paléolithiques du loess de moravie et bohême (1924)
- Stations paléolithiques en transylvanie (1925)
- Moule à figurine humaine schématique de l'oural (1933)
- Mémoires originaux, peintures rupestres préhistoriques du harrar abyssinie (1934)
- Les Peintures ruprestres schématiques de la Péninsule Ibérique. Tomes 1 et 2 (1933)
- En marge des mégalithes de carnac (1940)
- Les hommes de la pierre ancienne(1951)
- Quatre cents siècles d'art pariétal (1952)
- Soixante ans de découvertes d'hommes primitifs et leur influence sur les idées (1958)
- L'art de l'époque du renne en France, avec une étude sur la formation de la science préhistorique (1959)

Nous retiendrons ces théories pour illustrer les propos sur l’apparition
du premier acte magique de l’histoire.

Les Aztèques

Publié le 16/01/2009 à 12:00 par countryquarterhorse
Les Aztèques
« A toi Soleil, Aigle et Flèche flamboyante Prince de la durée annuelle, Dieu, Qui éclaires, rends les objets incandescents Qui les enflammes de tes rayons, Qui réchauffes, brûles les hommes Et les couvres de sueur, Couvres de hâle le visage des filles L’assombris et le rend noir comme la fumée... »

En Amérique centrale et au Yucatan vivaient il y a un millénaire des peuples aussi divers que les Tarasco, les Huaxtèques, Totonaques, Olmèques, Mixtèques, Zapotèques, Mayas et Toltèques ; parmi eux sont apparus les nomades Tenochas, ceux que nous appelons à la suite des Espagnols : les Aztèques. Dans leur mythologie ils racontent que, dans une grotte, ils avaient trouvé le Magicien Colibri : Huitzilopotchtli. C’est lui qui leur avait indiqué la voie à suivre : se déplacer, chercher des terres, éviter les grandes batailles, envoyer les avant-gardes pour semer le maïs puis les rejoindre afin de récolter, porter l’idole avec eux et la nourrir du cœur encore palpitant des prisonniers fraîchement sacrifiés. Le récit qui suit fait partie de l’histoire de leurs origines.

Comme les Aztèques passaient pour d’inégalables guerriers, on les recherchait comme mercenaires. Leur succès fut tel que l’un de leurs donneurs d’ordre leur proposa de lui signifier le cadeau qui leur conviendrait le mieux. Les Aztèques demandèrent la fille du souverain, arguant de leur désir de fonder une noble lignée. Leur demande fut satisfaite mais lorsque le père se présenta pour la cérémonie, ce fut pour assister au sacrifice de sa fille ; cette dernière fut dépecée et sa peau recouvrit un prêtre chargé de figurer la déesse de la Nature... Nous verrons par la suite qu’ils avaient des pratiques religieuses à l’image de cet événement et l’un des mois de leur calendrier se désignait par Tlacaxipelmalitzi : « Ecorchement des hommes », tout un programme.... Mais intéressons nous d’abord à leur vie quotidienne.

A la naissance d’un enfant, les parents allaient quérir le magicien (Toualpoulqui) qui arrivait avec le Livre du Destin qu’il déroulait sur une longueur d’environ six mètres afin d’y découvrir l’horoscope de l’enfant. On cherchait à savoir s’il était né sous un signe favorable ou non. Le nom qu’on allait lui donner recouvrait la plus haute importance car il liait le dieu à son destin. On portait même deux noms, un pour la vie publique et l’autre pour la vie privée de manière à ce que le premier ne perde pas par un usage intensif sa force protectrice. Un garçon pouvait s’appeler comme son père ou son grand père : ‘Sommet fumant’ (Chimal popoca) ou ‘Serpent d’obsidienne’ (Itzcoatl) ou ‘Aigle parlant’ (Quauhtlatoa). Pour une fille on cherchait plus de poésie : ‘Ibis’ (Atototl) ou ‘Fleur verte’ (Matlalxochitl) ou encore, ‘Fleur d’ondée’ (Quiauh-xochitl).

Les Aztèques avaient du monde une vision plus métaphysique que nous. Ils recouraient instinctivement aux amulettes contre les maladies : bracelet serré, anneau dans le nez, coquillage porte bonheur ou pierre talisman. Comme ils tenaient la maladie pour une calamité dont il fallait chercher les origines chez les esprits mauvais, ils s’efforçaient de les amadouer. La médecine s’en trouvait ligotée aux pratiques magiques ou religieuses. Mais ils n’en avaient pas moins le sens pratique et utilisaient leurs connaissances poussées en botanique pour tenter des thérapies. On débutait par les passes magiques avec une pierre ou une pointe de flèche, on brûlait du tabac pour assainir l’air ambiant car on pensait que la maladie pouvait avoir été portée par le vent qui descend de la montagne (un peu comme en Europe on a donné le nom de mal-aria aux fièvres sensées venir de l’air vicié.) Mais lorsqu’il n’y avait plus rien à faire on avait recours à des décoctions d’écorce d’oloiuhqui aux vertus narcotiques. Le patient délirait et à l’écoute de ses divagations on pensait trouver l’origine de la maladie.

Sur les plaies purulentes on appliquait des racines de tlatl-anquaye, matin et midi puis on lavait avec de l’urine. Contre la chute des cheveux on menait la lutte avec une mixture à base d’urine de chien et d’animaux sauvages avec la plante xiub-amolli. En cas de blessure crânienne voici la recette : végétal estival, perles de pierres vertes et de cristal, de la tlacahuatzin, de le terre fourmillante des vers, le tout pétri avec le sang d’une veine broyée dans du blanc d’œuf... A défaut de sang on pouvait prendre de la grenouille grillée. Pour les maladies oculaires, les yeux d’un renard, portés au bras droit, faisaient l’affaire, à condition de vivre dans l’abstinence. Dans certains cas il fallait mettre la main sur une fourmilière. Mais il y avait tout de même des mixtures à base de plantes et dont on connaissait les vertus positives. Ils savaient éloigner des tumeurs au couteau d’obsidienne. Pour les hémorroïdes il fallait tuer un vison et le manger entier avec du ‘sang de dragon’ (latex de plantes euphorbiacées). Quant aux douleurs de l’accouchement, on pensait les atténuer en introduisant de l’ayo-nelhuatl râpé, mêlé à des excréments aquilins. Et lorsque la fin approchait on tapotait le corps avec un os de loup, d’aigle ou de puma ou encore pendait au nez le cœur d’un faucon emballé dans de la peau de chevreau. Foin de moqueries, on a moins envie d’en sourire lorsqu’on lit les remèdes de bonnes femmes employés en France il y a un siècle à peine. Après la vie terrestre les Aztèques ne pouvaient pas se représenter comme non-existants. La vie, la mort, c’étaient « les deux aspects d’une même réalité » (Jacques Soustelle). Leur vision peut s’exprimer avec ces mots d’un poète français : « Je suis, elle n’est pas. Elle est, je ne suis plus. »

Chez les Aztèques, impossible de séparer la religion de la guerre. Toute l’organisation du gouvernement aztèque avait comme objectif unique d’être en mesure de flatter les puissances invisibles et pour ce faire de les nourrir avec le plus possible de cœurs humains. Le sang était la boisson des dieux. Afin de pouvoir offrir des victimes sacrificielles, il fallait des prisonniers de guerre ; voilà pourquoi la guerre était permanente car il eut été difficile de sacrifier d’interminables files d’Aztèques mêmes. Ceci paraît évidemment très choquant lorsqu’on découvre ces pratiques. Mais ne voit-on pas ce type d’actes sanglants, d’une façon ou d’une autre, dans toutes les religions militantes ? Les exemples à toutes les époques ne manquent pas. Le but de la religion aztèque était de s’attacher les bons esprits et de tenir les mauvais à distance ou au moins de les amadouer.

Ils savaient que le rythme est dans la nature des choses et ils mettaient tous leurs dons d’observation en œuvre pour connaître les raisons occultes de ces rythmes. On peut dire de ce point de vue que science et magie ont des points communs : les deux usent de méthodes qui visent la maîtrise du monde et sont d’accord pour dire que la magie ou la nature sont un lien nécessaire entre les phénomènes. Les Aztèques avaient une vision anthropomorphique ; ils personnifiaient les forces de la nature, avec pour résultat de donner aux dieux un rôle non seulement actif mais également très impliqué dans la société. Dans l’idée de Dieu, existe une incroyable dynamique. Chez les Aztèques la religion se présentait comme la base de tout et leur capitale était comprise comme la cité de Dieu. Le symbole en était cette gigantesque construction qu’on désigne sous le nom de pyramide mais qu’il ne faut pas assimiler à une pyramide égyptienne : c’était un temple, pas une tombe royale.

Le Soleil, porteur de la vie occupait la première place. Son adoration prenait la plus grande part de la religion. Ensuite venaient dans la hiérarchie les dieux des quatre points cardinaux, chacun symbolisé par sa couleur personnelle ; en effet l’univers aztèque avait un sens moins géographique que religieux. Chaque dieu avait la couleur qui, selon la croyance, correspondait à son histoire : l’Est était rouge, le Sud bleu et mauvais, l’Ouest blanc (il représentait un signe e chance), le Nord était noir, soumis à Mictlatecuhtli, le seigneur de la mort. Il y avait des dieux pour chacun et chaque plante avait le sien, à chaque métier son dieu ou sa déesse. A l’opposé chaque divinité avait une fonction ou une mission clairement définie, mais il y en avait tellement que seul un clergé spécialisé pouvait en connaître tous les arcanes.

Les dieux se livraient des combats, homériques si l’on peut dire : dieux du bien contre dieux du mal. Lumière et ténèbres se disputaient l’âme humaine. Les gens simples, eux, s’en tenaient aux divinités simples. Ils pouvaient s’acheter une statuette de la déesse du maïs qu’ils enterraient dans leur lopin de terre avec flots de larmes et prières. Ils avaient aussi leurs dieux domestiques exposés dans un coin de la maison. Pour le reste, le petit peuple s’en remettait au clergé qui lui disait quand il devait pleurer, s’enivrer, se réjouir et mourir ; il s’en remettait aux spécialistes. Le dieu éminent, le Magicien Colibri portait le nom de Huitzilopotchtli. Les Aztèques étaient ses enfants et le peuple élu. Il les avait conduits des sombres régions du nord vers la terre promise ; il était le Soleil, le guerrier éternellement jeune luttant contre les autres dieux pour assurer la survie des hommes, se relevant jour après jour, menant le combat contre les ténèbres, les étoiles, la lune et, armé de ses rayons ramenant un jour nouveau. Comme il luttait sans cesse pour eux, ils se devaient de lui montrer leur reconnaissance en lui offrant de la nourriture, mais pas question de maïs ou de boisson enivrante, il lui fallait de la vie, du sang. C’était le devoir sacré de chacun d’entre eux de faire des prisonniers destinés aux cérémonies sacrificielles afin d’apporter l’offrande du sang et du cœur d’un être humain.

La guerre, la guerre sans fin était donc étroitement liée à la religion. Une paix prolongée représentait un risque d’être oublié par les dieux favorables. La guerre, au prix de l’humanité entière si nécessaire... lorsqu’en 1486 la grande pyramide dédiée à Huitzilopotchtli fut consacrée, après une expédition de deux années contre le peuple Oxaca, le souverain Ahuitzotl fit l’offrande de vingt mille prisonniers ; les uns après les autres, ils furent plaqués le dos contre la pierre du sacrifice, les bras grands ouverts. Le couteau d’obsidienne s’abattit pour leur arracher le cœur qui, après avoir été présenté au Soleil, fut placé, encore palpitant, dans la coupe du sacrifice.

Dans la capitale il ne fallait pas moins de cinq mille prêtres. Habillés de noir, le manteau bordé d’un décor de têtes de mort et de viscères. Ils avaient tellement de sang coagulé dans leurs cheveux longs que ces derniers formaient un bloc. Les dieux dominaient, les prêtres interprétaient, se plaçant comme intermédiaires et le peuple, lui, obéissait. Mais il y avait un culte et son organisation dépendait du calendrier. Nous en avons un qui, sur les 3, 64 mètres de ses 24 tonnes, contient une multitude de détails. Il s’agit d’une réalisation limitée de l’infinité de l’univers aztèque. Au milieu le dieu Soleil entouré de chaque symbole des 20 jours du mois. Ensuite vient une kyrielle de symboles formant une grandiose conception de l’Univers.

Il existait en fait deux calendriers, le religieux, constitué d’une suite de 260 jours et le second qui reposait sur l’année solaire. Le calendrier rituel était de nature magique et sacrée ; on n’en a pas expliqué l’origine car il ne reposait pas sur des observations astronomiques mais était déjà ancien et en usage chez les Maya. Le cycle servait aux prédictions ; il se divisait en 20 périodes de 13 jours ; chaque période avait un nom : ‘demeure’ (calli), ‘serpent’ (coatl), ‘herbe’ (malinalli), ‘lapin’ (tochtli) ... et les 13 jours portaient des numéros. De nos jours nous aurions dit : le 11 du Lapin, par exemple. Le cycle était assemblé dans un cycle plus large de 52 années ou de 18 980 jours. Le second calendrier, solaire celui-ci, était divisé en 18 mois de 20 jours, donc 360 jours auxquels on ajoutait les 5 jours appelés ‘jours vides’ ; ces jours étaient considérés comme des jours porte-malheur, il ne fallait ni les compter ni les désigner.

A présent, si vous aimez les coïncidences prenez votre calculette et vous verrez qu’en multipliant 365 par 52 vous obtenez aussi 18 980. Ils avaient également la planète Vénus (celle que nous appelons l’étoile du berger) dans leur collimateur. La révolution de Vénus autour du Soleil dure 584 jours et cinq années de Vénus correspondent à la durée de huit révolutions terrestres (365x8 = 584x5) Les périodes de deux cycles de 52 ans, 104 années, avaient aussi un rôle régulateur du calendrier, un peu comme nous le faisons avec les années dont le nombre est divisible par quatre et dites bissextiles. Ajoutez à cela que 365 (jours) de l’année civile et vingt (signes) de l’année rituelle ont un facteur commun qui est 5 : chaque cinquième signe du mois de vingt jour avait une valeur particulière.

Les mathématiciens aztèques avaient reconnu la magie cachée derrières ces deux calendriers : les deux contiennent la combinaison 20x13x73= 18 980 et donc le cycle magique de 52 années. Pourquoi étaient-ils fascinés par ce nombre de 52 au point de penser qu’à son aboutissement le sort du monde se jouait, au fil du rasoir, avec l’éventualité d’un complet anéantissement ? Les prêtres ont-ils été impressionnés à ce point par leurs calculs qu’ils en ont fait un élément constitutif de la nature, ou bien s’en sont-ils servis pour impressionner le peuple et de la sorte le dominer plus commodément ? Nous l’ignorons. En tout cas le calendrier aztèque était plus développé que ne l’avait été celui des Mésopotamiens, des Egyptiens et des Grecs.

L’Egypte et la Mésopotamie ont eu des calendriers lunaires : ce qui signifie que le début de chaque mois était déterminé par la lune montante ou descendante. Le décalage entre cycle lunaire et cycle solaire devait être corrigé par des mois ‘creux’ et des mois ‘pleins’. C’est ce qui a subsisté jusqu’à l’époque romaine. Toutes les civilisations agraires accordaient beaucoup d’importance à l’année solaire mais les cités mésopotamiennes entre elles n’avaient pas les mêmes méthodes de calcul, ce qui provoquait des confusions dans les comparaisons chronologiques. Les Egyptiens connaissaient le double calendrier comme les Mayas ou les Aztèques, un religieux et un civil sur la base des 365 jours et d’un cycle de 52 ans Les Grecs quant à eux avaient repris les connaissances des Mésopotamiens, l’empire d’Alexandre le Grand ayant fortement contribué à rapprocher les deux cultures. A l’époque d’Hipparque, au milieu du deuxième siècle avant notre ère, ils avaient commencé à utiliser le système sexagésimal (base 60), les calculs par position des chiffres et même un signe pour désigner le zéro, mais il faut dire que l’utilisation du signe pour ‘zéro’ s’est cantonnée à des cercles restreints jusqu’aux perfectionnements apportés par l’Inde au huitième siècle de notre ère.

Les civilisations amérindiennes ont réussi à être plus performantes. Elles avaient découvert le zéro et parvenaient à mener leurs comptes jusqu’à 1 152 000 000 de jours vers le passé. Pourtant elles sont restées fixées sur le cycle de 52 années tant les hommes étaient obsédés par la crainte de manquer les rendez-vous avec les dieux, moments où il fallait les satisfaire. Et pour parvenir aux rituels adaptés ils avaient développé les méthodes les plus complexes afin de ne pas se tromper sur le sacrifice approprié, destiné au dieu adéquat et au moment idoine. Le sacrifice ne représentait pas seulement une horrible boucherie mais aussi l’aboutissement de rituels savamment calculés pour sauver l’humanité de l’anéantissement. La panique s’emparait d’eux à l’approche des ‘jours vides’ ou de la fin du cycle de 52 ans. Il fallait éteindre les feux, vivre dans le jeûne et l’abstinence, délaisser magasins et ateliers, ne signer aucun contrat à peine de nullité. Les prêtres astronomes observaient le ciel à l’aide de leurs tables calendaires pour déduire que la fin du monde n’était pas encore pour cette fois. Ils s’emparaient d’une victime, lui ouvraient la poitrine, arrachaient son cœur et, dans la plaie béante allumaient un feu à partir duquel on allumait les feux de tous les temples afin que tous les foyers de la ville puissent y venir quérir la flamme. Et tout reprenait alors son cours normal.

Malgré tout cela, les Aztèques comme tous les peuples de la terre, ne manquaient pas de poésie pour exprimer leurs craintes existentielles : « Est-il vrai qu’on ne vit qu’une seule fois sur terre ? Pour toujours sur terre ? Non, ce n’est que pour un instant. Même la pierre de jade va s’effriter Même l’or finira par se briser Même les plumes de Quetzal vont se décomposer. Pour toujours sur terre ? Non, pour un instant seulement. »
« Un jour il faudra partir Une nuit nous descendrons dans le mystère Nous ne fûmes ici que pour nous rencontrer. Sur terre nous ne sommes qu’une troupe en marche. Vivons dans la paix et l’allégresse ; venez, que notre joie éclate. Mais vous qui vivez dans la colère, ne venez pas ! Le monde est loin. Oh ! Si seulement nous pouvions vivre pour toujours, sans crainte de la mort... »

Le retour des fins de cycle de 52 années, à l’époque où les Européens étendaient leur champ d’action vers l’Amérique, correspond à nos années 1467 et 1519 et pour les Aztèques ces années avaient en plus une signification mythique plus particulière. Le héros fondateur Quetzelcoatl, chassé du pays, avait prononcé en mettant le pied sur le vaisseau de l’exil : « Au jour de l’anniversaire de ma naissance, le 1er du Roseau (Ce-Acatl), je réapparaîtrai. » Lors de sa quatrième et dernière expédition en 1502, Christophe Colomb vint au contact des Mayas. L’information, étonnante, transmise par les marchands avec les effets mystérieux déformants du bouche à oreille, parvint aux Aztèques ; c’était à l’époque du souverain Moctezuma. Les Européens firent plusieurs apparitions sur les côtes du Yucatan à cette époque, ce qui ne manqua pas de donner un effet redondant à cette information inquiétante. Les prêtres aztèques scrutèrent les cieux jusqu’au moindre recoin et sacrifièrent des victimes arrachées à tous les voisins payant tribut. Il en résulta une vive opposition de leurs alliés les plus fidèles qui n’avaient nulle envie de fournir les colonnes de sacrifiés. Dans leur attente angoissée et suicidaire du drame annoncé, ils avaient perdu leur énergie ; armes, armures, combativité et assurance des envahisseurs fit le reste. Le 13 août 1521 les Aztèques disparurent dans une mer de flammes et de sang.

Bibliographie :
Les Aztèques, puf, Collection Que sais-je n°1391 de Jacques SOUSTELLE.
Sur les calendriers aztèques (et les autres) le net fournit de bonnes informations.
Pour les germanistes : Die Welt der Azteken, Götterwelt, Staatswesen, Architektur, Kunst und Brauchtum der alten Kulturvölker Mexicos, Im Bertelsmann Lesring de Victor W. von Hagen

L’empire Inca

Publié le 16/01/2009 à 12:00 par countryquarterhorse
L’empire Inca
L’empire Inca (Ne pas faire de confusion avec les Mayas, les Aztèques...) ne laisse pas d’étonner chercheurs et touristes mais il ne nous a pas transmis de « textes ». Comment ce grand empire où l’Inca ( Fils du Soleil) et son clan sacré (privilégié) qui possédaient au moins les deux tiers des terres et des troupeaux, avaient réussi à faire construire de vastes systèmes d’irrigation et des temples allant chatouiller le ciel, comment ce pouvoir absolu a-t-il fait pour se passer d’un système par lequel les subordonnés rendaient compte de leur gestion et de leurs décisions ? L’Inca se serait-il contenté d’une transmission orale de ses ordres ? En tout cas les Incas ne nous ont pas transmis de système d’écriture, au sens où nous avons coutume de voir l’écriture : tracée, dessinée, creusée, incisée, sculptée sur l’argile, la pierre, les os, le bois, le tissus, le papier... Peut-être que la magie peut apporter là son aide : obtenir un résultat par un chemin inattendu, inhabituel.

Ce que les conquistadors et ceux qui les ont suivi n’ont pas détruit ressemble à des cordelettes tressées et portant des nœuds ; on les nomme « quipous », ce mot signifiant ’nœuds’. Et si jusqu’à présent on se fixait sur l’explication d’une utilisation réservée à la comptabilité, comme on le ferait avec un boulier, certains chercheurs (Voir Gary Urton "Les signes des quipus incas") pensent qu’il reste à en découvrir d’autres usages, autrement dit un système d’écriture dont le support serait constitué de matières différentes (laine ou coton) dans des couleurs variées, de plus tressées en cordelettes donnant des formes multiples par leur assemblage ou leurs regroupements ainsi que les nœuds, leur nombre et la façon dont ils sont élaborés. Georges IFRAH dans son Histoire universelle des chiffres suggère que le blanc aurait pu représenter l’argent ou la paix et que le rouge aurait pu servir lorsqu’il était question de sang et de guerre. Quoi qu’il en soit, ce support de comptes a survécu jusqu’au XIX ème siècle chez les bergers.

Lorsqu’il fut en présence de la pierre de Rosette avec son inscription faite de caractères grecs et hiéroglyphiques, Champollion détenait une des clés d’entrée pour déchiffrer les hiéroglyphes. Mais quelle clé se dévoilera pour que les quipus livrent leur secret ? Faut-il les aborder de droite à gauche ou à l’inverse, de haut en bas ou le contraire ; en tournant, mais dans quel sens ? Débuter par un brin de laine ou de coton ? Or il existait alors de véritables tapis constitués de cordelettes nouées et d’après les récits. On sait qu’il y avait des lecteurs spécialisés, formés dans des écoles et qu’on les appelait « gardiens des nœuds ». Selon Roland Mousnier, des jésuites auraient dicté des notions de leur religion à des « gardiens » âgés qui les auraient notées au moyen de nœuds... Nous avons encore, conservé à Copenhague, le Codex péruvien, une chronique du XVI ème siècle contenant une représentation d’utilisateurs de quipus. On trouvera peut-être des pistes de recherche par l’observation d’autres civilisations qui ont aussi fait usage de ficelles, au Moyen Orient, en Chine ou au Japon...

Alors, si vous aimez le tricot, la broderie, la dentelle, sans doute le tricotin et puis, en sus, les énigmes, les casse-tête et l’informatique additionnée d’un zest de magie, mettez-vous en chasse, la gloire vous attend, surtout si vous y découvrez une source d’inspiration pour quelque exercice de mentalisme.

Un astrologue ne saurait avoir le privilège de se tromper jamais

Publié le 16/01/2009 à 12:00 par countryquarterhorse
Un astrologue ne saurait avoir le privilège de se tromper jamais
Voltaire maniait l’ironie avec habileté mais il fit aussi preuve de courage dans la lutte contre l’intolérance. « Aime la vérité, mais pardonne à l’erreur » disait-il également. Si cette sentence ne réhabilite pas les astrologues elle n’interdit pas d’ausculter le phénomène. Si les hommes aboutissent à des erreurs, c’est qu’ils cherchent des vérités... Christian Chelman défend avec raison le droit à la diversité. Il n’est pas moins intéressant de rechercher les vérités. Comme on le voit à propos des phantasmes récents nés autour de la figure des druides, la recherche pas à pas de la réalité sur ses personnages dans la Gaule d’avant la conquête romaine les a fait apparaître sous un jour moins sanglant, et moins pusillanime que dans certaine bande dessinée, au moment où ils ont été au mieux de leur influence. Quoi qu’il en soit, toute recherche qui se veut scientifique requiert beaucoup d’humilité. Louis Pasteur demandait qu’on n’annonce une découverte qu’après avoir épuisé toutes les possibilités de démontrer qu’elle était erronée.

Les hommes d’autrefois, comme les hommes contemporains, ont aspiré à la connaissance de vérités, dans le contexte de leur existence, celui de leurs préoccupations, de leur milieu de vie et avec les moyens dont ils disposaient. L’idée qu’on a de la science change avec le temps et les forces dominantes. Que nous le voulions ou non, nous avons même hérité de traces des tâtonnements ancestraux ; mais est-il besoin de céder à la mode de l’ésotérisme ? Or nous assistons à un retour de l’occulte. Serait-ce une revanche de la pensée magique sur la raison ? On constate un mélange de charlatanisme et de sincère quête spirituelle. Effet de mode qui permet à des malins de se construire une fortune en tout cas. Retour de l’irrationnel, de l’impénétrable, de l’ésotérisme ou plutôt du dévoiement de traditions philosophiques et spirituelles millénaires. Il faut dire que les religions traditionnelles et autrefois dominantes ont perdu du terrain et que les adeptes du secret et des pratiques magico-initiatiques prennent l’espace délaissé, surtout que les périodes de crise sont propices aux inventions débridées. Et comme beaucoup de gens s’y adonnent on évite d’apparaître ringard en allant vers l’Orient chercher de l’inspiration : Feng shui, Reiki...On essaie aussi d’aller encore au-delà en transformant le passé. A cela s’ajoute une civilisation standardisée. Le gadget sur la voiture pour se distinguer n’obtient pas le même effet qu’un secret. Le secret peut donner l’impression d’être au dessus des autres, à défaut de pouvoir maîtriser sa propre existence.

Les sciences hermétiques sont intimement liées. Distinguons cependant astrologie, alchimie et théurgie.

Les États-Unis

Publié le 19/01/2009 à 12:00 par countryquarterhorse
Les États-Unis
Grande puissance mondiale, avec une population qui dépasse 270 millions d'habitants, les États-Unis continuent à être régis par la plus ancienne Constitution écrite actuellement en vigueur, élaborée en 1787-1788 pour un pays de 4 millions d'habitants. Fondé sur les principes du fédéralisme, de la limitation et de la séparation des pouvoirs, de la liberté des citoyens, le régime politique américain s'est étendu des treize États fondateurs, tous situés sur la côte est, jusqu'au Pacifique ; il a permis une croissance économique d'une ampleur sans précédent dans l'histoire ; il a survécu aux crises politiques et sociales du XIXe siècle - notamment à la guerre de Sécession (1861-1865) - et a organisé l'accession des États-Unis aux responsabilités internationales, lors des deux guerres mondiales, et à la prépondérance mondiale à partir de 1990.

La démocratie américaine

Publié le 19/01/2009 à 12:00 par countryquarterhorse
La démocratie américaine
Miracle de solidité et d'adaptabilité ? L'évolution a souvent découlé d'affrontements entre groupes sociaux, mais aussi des rivalités entre institutions voulues par les rédacteurs de la Constitution, les « pères fondateurs » de la démocratie américaine ; et rien ne garantit que la victoire, souvent temporaire, du Congrès sur le président, dans le domaine de la politique étrangère, ou des juges sur les autorités élues, pour la solution de certains problèmes sociaux, améliore l'efficacité du système lui-même. Aussi l'inquiétude - surtout après des crises telles que celle des années 1960 à propos du problème noir, celle qui a été entraînée par la guerre du Vietnam, ou bien encore la crise provoquée par l'affaire du Watergate qui, pour la première fois dans l'histoire des États-Unis, a acculé un président à la démission (Richard Nixon, en 1974) - n'est-elle pas sans justification. Depuis la fin des années 1960, la proportion des Américains qui font confiance aux institutions fédérales n'a pas cessé de décliner. Elle ne dépasse guère un tiers, et le procès en destitution qui s'est terminé le 12 février 1999 par l'acquittement du président Bill Clinton n'a pas renversé la tendance, même si la popularité de Clinton en est sortie intacte.
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